17e ÉDITION NOVEMBRE 2016Organisé par
Images en bibliothèques

Home sweet home de Nadine Naous (c) TS Productions
Partager Partager par email Logo Facebook Logo Twitter Logo Google+ YouTube

Questions de société

Une sélection thématique de films récents soutenus par Images en bibliothèques : sélectionnés par sa commission de bibliothécaires.

Les documentaires sont prospectés par Images en bibliothèques, souvent à travers les festivals (Cinéma du réel, Festival Jean Rouch, FID Marseille, États généraux du documentaire de Lussas, etc.).

Les plus du Mois du doc

Adhérents et membres de soutien d’Images en bibliothèques : N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez obtenir des copies de visionnage des films.

Les films :

A praga (La plaie)

A praga (La plaie)

de Hélène Robert et Jérémy Perrin

2013 / France, Portugal / 74’ / Hélène Robert

Dans ce documentaire aux allures de film catastrophe, Porto dévoile ses peurs et ses fantasmes à travers ses légendes animales. Dans la ville se propagent des rumeurs autour de la présence de plus en plus menaçante des oiseaux. José Roseira, protagoniste énigmatique, part à leur recherche. Ce qu’il va découvrir sera surprenant, effrayant, parfois spectaculaire. À chaque fois, il est question de goélands.
Avec poésie, les histoires se succèdent, enflent, jusqu’à ne plus distinguer le vrai du faux. José persiste, au risque de s’y perdre... La lutte opposant l’Homme à l’animal a commencé et le vainqueur ne pourra se prévaloir que d’une chose : retrouver pleinement son animalité.

A PRAGA - la plaie from hélène robert on Vimeo.

Au risque d’être soi

Au risque d’être soi

de Jean-Jacques Rault

2015 / France / 59’ / Mille et une films

Fils de paysan, les convictions chevillées au corps, portant toujours cheveux longs, bagues et boucle d’oreille, Joël Labbé est un sénateur qui ne ressemble à aucun autre. Gêné dans ses nouvelles fonctions par sa prise de parole et la gestion de ses émotions, il s’engage dans un travail avec une comédienne. Au fil de ces séances et de sa vie parlementaire, le film trace un portrait intimiste d’un homme qui "va vers son risque".

Au risque d’être soi - Bande-annonce from .Mille et Une. Films on Vimeo.

Bla cinima

Bla cinima

de Lamine Amma-Khodja

2014 / France / 82’ / The kingdom

Un cinéaste se lance dans la rue d’Alger pour parler avec les gens de cinéma. Très vite rattrapé par la réalité du terrain, il se laisse porter par les situations improvisées et les rencontres spontanées. Le film dresse un portrait vivant de la ville et propose en filigrane une réflexion sur le cinéma en Algérie.

Trailer BLA CINIMA from Matsiyiche (Lamine Ammar-khodja) on Vimeo.

Bx46

Bx46

de Jérémie Brugidou et Fabien Clouette

2014 / France, Etats Unis / 74’ / Les Plans du pélican

Bx46 propose un parcours dans un envers du décors new-yorkais. À Hunts Point dans le Bronx, un quartier s’anime la nuit : un des plus grand marché aux poissons du monde, un centre de gestion des déchets, une barge à quai reconvertie en prison de délestage... Les machines, les hommes, les lieux, les mythes, chacun raconte à sa manière le visible et l’invisible de ce monde.

Trailer Bx46 from Jeremie Brugidou on Vimeo.

Casus belli

Casus belli

de Anne Lévy-Morelle

2014 / Belgique / 101’ / CVB

Un "casus belli" c’est, littéralement, un motif de guerre. Ce motif peut être essentiel ou futile, et le feu qu’il allume une guerre mondiale ou une querelle de voisinage : certaines étapes seront les mêmes. Incompréhension, interprétations de signes, actes ou paroles, dénigrement, insultes franches ou voilées, escalade. Le feu est plus facile à allumer qu’à éteindre !
Ce film s’intéresse au difficile travail de ramener les humains en discorde à une paix relative. Devant eux, le théâtre de l’humanité, avec ses ruses, ses rotomondades, ses manœuvres de séduction, et sa sincérité.

CASUS BELLI - SUR LES SENTIERS DE LA PAIX | BANDE-ANNONCE FR from CVB-VIDEP on Vimeo.

Ce qu’il reste de la folie

Ce qu’il reste de la folie

de Joris Lachaise

2014 / France / 100’ / KS Visions

C’est à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye, dans la proche banlieue de Dakar, que nous introduit la caméra de Joris Lachaise, en compagnie de l’écrivain et cinéaste Khady Sylla. À travers son expérience vécue de la maladie mentale et de ses traitements, le film cherche à explorer une histoire récente du Sénégal : l’indépendance du pays et la décolonisation de la psychiatrie.

Finding Phong

Finding Phong

de Tran Phuong Thao et Swann Dubus

2015 / Vietnam, France / 93’ / Atelier Varan Vietnam
Phong a grandi dans une ville du centre Vietnam, il est le cadet d’une fratrie de six enfants. Jeune garçon, il se sentait fille, piégé dans le corps d’un garçon. Quand il déménage à Hanoi pour aller à l’université, Phong découvre qu’il n’est pas seul au monde dans cette situation. Son rêve, « se trouver » en changeant physiquement de sexe, devient réalité quelques années plus tard.
Frère et sœur

Frère et soeur

de Daniel Touati

2014 / France / 56’ / Nord Ouest documentaires

Frère et Sœur est une immersion dans la relation complice et complexe de Cyril, cinq ans, et de sa sœur Marie, huit ans. Il y a quelque chose de fascinant dans la dynamique de cette relation d’amour fraternel faite de solidarité et de rivalités. Dans la manière dont Marie traite son petit frère avec un mélange d’autoritarisme et de grande bienveillance. Dans l’admiration teintée de jalousie qu’exprime Cyril pour sa sœur. Tourné pendant un an et demi à leur hauteur, le film nous plonge dans leur incroyable imaginaire et leur passion commune pour musique. Nous y découvrons ce que les parents ont rarement le temps de voir.

Home sweet home

Home sweet home

de Nadine Naous

2014 / France / 59’ / TS Productions

À la suite des difficultés financières de son père, directeur d’une école progressiste dans un quartier chiite de Beyrouth, la réalisatrice retourne au Liban. En famille, les discussions fréquentes et souvent drôles, sont animées. À partir de ces confrontations se dessinent l’histoire récente du pays et la façon dont les changements politiques ont irréversiblement transformé la société. "Mes parents vivent seuls à Beyrouth depuis le départ de leurs quatre enfants. Je suis l’aînée, la première à avoir quitté la maison. Je leur rends visite au pays alors qu’ils s’apprêtent à tourner une page dans leur histoire. À 69 ans, après plus de 40 ans de bons et loyaux services en tant que fondateur et directeur de "La Colline libanaise" mon père, criblé de dettes, doit vendre son école et partir à la retraite. Pour mon père, cette étape est forcément douloureuse. Elle est difficile à franchir. Pour ma mère, la vente de l’école semble être un soulagement, une libération. Pour moi, la fermeture de l’école signifie la mort d’une époque.

HOME SWEET HOME de Nadine Naous - Trailer VF from TS Productions on Vimeo.

In the underground

In the underground

de Song Zhantao

2014 / Chine / 90’ / Song Zhantao
Entre vestiaires et douche, des hommes noirs de suie déambulent. Une voix au haut-parleur insiste sur les pressions faites sur l’entreprise en termes de responsabilité environnementale.
Dans la mine de Sunzhuang (province chinoise du Hebei), les ouvriers entendent aussi tous les matins les consignes de sécurité, qu’ils répètent en choeur. Mais en d’étonnantes séquences qui donnent leur titre au film, Song Zhantao substitue à ces précautions oratoires la réalité des plongées. En plus des dangers connus (explosions et silicose), l’aspect désormais résiduel du charbon dans ces filons surexploités accroît le risque d’effondrement. Cette dramaturgie imposée par la mine est captée avec une maîtrise visuelle et une endurance stupéfiantes, tandis qu’en surface, des séquences domestiques dévoilent les conséquences individuelles de ce péril quotidien. Xiao Cao, qui va devenir père, se dispute avec sa femme, choquée qu’il ne lui ait pas révélé l’obtention d’une maigre prime. Son chef de groupe l’enjoint à se concentrer sur le travail, mais un accident fera évoluer son point de vue.
La prise en charge par le montage de la division haut/bas organise une concurrence entre l’espace des hommes et celui des femmes, chacun s’estimant plus utile au couple. Il faudra une dernière descente, inattendue, pour réactiver la dynamique entre les sexes et parachever le mouvement du film : la contamination de la surface par le fond, l’infiltration d’une petite communauté par la violence oppressante de son sous-sol. (Charlotte Garson)
J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd

J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd

de Laetitia Carton

2015 / France / 105’ / Kaleo films

Ce film est adressé à mon ami Vincent, qui est mort il y a dix ans. Vincent était sourd. Il m’avait initiée à sa langue, à sa culture, à son monde. En partant à la rencontre de ses amis, je vais suivre le fil de sa vie, jusqu’à sa mort tragique. Une éducation oraliste imposée, le refus familial de sa différence, la découverte tardive de la langue des signes et du monde sourd... À travers la vie de Vincent, une histoire singulière, mais qui est aussi celle de milliers d’autres sourds, je remonte aux racines du mal-être des sourds : "L’interdiction" de la langue de signes pendant plus d’un siècle, la difficulté à pouvoir grandir dans cette langue, encore aujourd’hui, et la souffrance qui en résulte, faite d’isolement, de déni et d’incompréhension. En parallèle, je lui raconte mon trajet au pays des sourds depuis sa disparition. Au fil du film c’est toute la richesse de ce monde inconnu et fascinant que je veux faire partager au spectateur, celle d’un peuple que la langue des signes façonne, et qui agit, lutte pour défendre sa langue et sa culture, sa différence.

J’AVANCERAI VERS TOI AVEC LES YEUX D’UN SOURD - bande annonce - VFST from Kaleo films on Vimeo.

La Deuxième nuit

La Deuxième nuit

de Eric Pauwels

2016 / Belgique / 80’ / Stenola productions

Futur, présent, passé : après l’injonction d’avenir de Lettre d’un cinéaste à sa fille et le voyage au présent à travers un jardin de films à faire (Les Films rêvés), Eric Pauwels interroge l’origine. Très concrètement d’abord, puisque le corps dont il est sorti il y a soixante ans, celui de sa mère, s’étiole doucement. Origine du cinéma aussi, des Chaplin goûtés enfant dans un café avec elle, à la magnifique injonction qu’elle lui fit jeune homme : celle de faire du cinéma si tel était son souhait. En apparence anodin, ce conseil porte la marque de l’effacement d’une génération de femmes dans le mariage et la maternité. Ainsi procède La Deuxième Nuit, entre première et deuxième personne, collage vibrant de couleurs et de formats, de souvenirs et d’objets, qui ne sont pas des memento mori mais des traces du passage du temps. Brièvement convoqués, d’autres artistes de la mère (Camus, Pasolini) s’insèrent à égalité dans la mosaïque avec les "Je me souviens" intimes (les séances de vaisselle) et les associations singulières (un geste à la signification particulière chez les Pauwels, explicité sur des images de théâtre d’ombres). Unifiée par le regard bienveillant de la mère, la variété de cette moire adoucit son départ, la cruelle "deuxième deuxième nuit". Pas funéraire pour un sou, une joyeuse fanfare de jeunes musiciens s’éloigne au fond du champ, comme Charlot prend congé à la fin de ses films, marchant de dos vers la liberté. (Charlotte Garson)

La deuxième nuit, un film d’Eric Pauwels - Bande annonce from Stenola on Vimeo.

La Mécanique des corps

La Mécanique des corps

de Matthieu Chatellier

2016 / France / 75’ / Alter ego productions
Dans un centre de rééducation, des femmes et des hommes amputés réapprennent sans relâche à marcher ou à saisir. Une prothèse mécanique se substitue désormais à la partie manquante de leur corps. Ils sont devenus hybrides.
La Mort du dieu serpent

La Mort du dieu serpent

de Damien Froidevaux

2014 / France / 91’ / E2P/ Entre2prises

Suite à une bagarre qui tourne mal, Koumba, 20 ans, est expulsée au Sénégal. Arrivée en France à l’âge de 2 ans, elle avait négligé de demander la nationalité française à sa majorité. La jeune Parisienne agitée se retrouve en 48 heures dans un village sénégalais perdu dans la brousse, loin de sa famille et de sa vie à Paris. Récit de cinq ans d’exil : du fait divers à l’épopée tragique.

La Nueva Medellin

La Nueva Medellin

de Catalina Villar

2016 / France / 85’ / TS Productions
Juan Carlos et son ami Manuel étaient adolescents quand je les ai filmés il y a 18 ans à Medellin, la ville la plus violente du monde à l’époque. Juan Carlos le poète a été tué peu après. À l’aube d’une paix fragile, ses parents analphabètes cherchent à obtenir réparation. Devenu leader de son quartier, Manuel s’affronte aux paradoxes de l’innovation urbaine dans une ville qui s’est métamorphosée trop vite. Le fantôme de Juan Carlos se dresse en rempart contre l’oubli.
La Permanence

La Permanence

de Alice Diop

2016 / France / 80’ / Athénaïse
"On m’a parlé de peuples, et d’humanité. Mais je n’ai jamais vu de peuples ni d’humanité. J’ai vu toutes sortes de gens, étonnamment dissemblables. Chacun séparé de l’autre par un espace dépeuplé." L’exergue de Fernando Pessoa pointe un enjeu fort de La Permanence : dans le défilé de patients d’une permanence aux soins pour nouveaux migrants, jamais le collectif n’éclipse l’individuel, jamais le sociologique n’efface la reconnaissance émue d’une même personne revenant des mois plus tard, amaigrie ou au contraire remplumée. Nous sommes à la consultation de la Permanence aux soins de santé de l’hôpital Avicenne de Bobigny. Une psychiatre à ses côtés, le généraliste s’exprime souvent en anglais, tentant sans faux espoir de réparer des corps et des psychés. Comment aider des êtres battus, affamés, traumatisés avec les maigres moyens de la médecine ? Au fil du temps, des tensions se font jour entre le Dr Geeraert et son administration, ses certificats jouant un rôle dans le processus bureaucratique et l’accès à des soins gratuits. En choisissant de demeurer dans l’huis-clos du cabinet, Alice Diop y souligne les qualités d’écoute des médecins et leur lucidité sur les limites de leur action. Mais elle n’y fait que plus fortement résonner l’extérieur, le vaste hors-champ de misère et de violence qui constitue – aussi – notre société. (Charlotte Garson)
Les Héritiers

Les Héritiers

de Maxence Voiseux

2015 / France / 60’ / Zeugma films

Hubert, Thierry, Dominique. Dans cette fratrie agricole de l’Artois, la répartition des tâches semble s’être faite de manière organique : l’aîné achète les bovins, le benjamin les engraisse et le cadet les dépèce pour les vendre aux bouchers. Les cadrages amples restituent le continuum de cette exploitation familiale qui va de la naissance du veau à sa mise à mort. Mais cette routine qui n’exclut pas d’âpres négociations se voit peu à peu altérée par une préoccupation lancinante : que feront "nos jeunes" ? Subtilement, dans le quotidien de trajets à l’école pour le fils de Dominique ou de tâches agricoles pour ses neveux adolescents, le doute s’installe. Au détour d’une phrase, une jeune fille dit préférer les moutons ou rêver de déménager dans l’Aubrac. La dissension qui guette n’a rien de personnel, c’est un phénomène générationnel, un nouveau rapport au travail : "Ils prendront peut-être le temps de prendre des vacances", lâche l’un des pères, entre admiration et regret. La distance respectueuse dont fait preuve Maxence Voiseux rencontre celle, aimante, des futurs "héritiers" qui, devant les espoirs paternels, biaisent ou éludent. "Ça te dérangerait que je sois fermier ?" lance timidement le plus jeune à son père, spécialiste du bout de la chaîne, dans un finale délicat montrant la jeunesse du côté de la vie. (Charlotte Garson)

Bande annonce les Héritiers de Maxence Voiseux from ZeugmaFilms on Vimeo.

Immobiles

Immobiles

de Béatrice Plumet

2013 / France / 45’ / Bathysphère productions

"J’ai demandé à des gens que je ne connaissais pas de poser totalement immobile et de fixer l’objectif". Le désir de faire ce film est né autour d’un dispositif d’installation vidéo. J’avais alors demandé à des modèles de rester immobiles, le regard fixe, le plus longtemps possible. Le désir de ce film est venu de ce qui échappait à mon travail d’installation, mais qui faisait partie de sa fabrication même. Je n’avais pas imaginé que dans cet exercice très simple que j’avais proposé, il y avait un trouble, qui suscitait la parole. Je n’avais pas imaginé non plus la fascination ressentie devant l’étrangeté de leur propre image immobile. Ce film explore ce face à face entre moi qui regarde et le modèle de l’autre côté de l’objectif. C’est ce "dialogue" qui est au cœur de ce film.

LES IMMOBILES EXTRAIT from bathysphere productions on Vimeo.

Les Yatzkan

Les Yatzkan

de Anna-Célia Kendall Yatzkan

2014 / France / 75’ / Idéale Audience

Que faire des dessins de ma mère, de son piano déglingué, de ses mille petits papiers ? L’aventure commence au fond d’un carton avec une notule sur les hauts faits d’un illustre grand-père inconnu. Me voilà lancée sur ses traces, sur la Toile, sur la neige, depuis le Yiddishland lituanien du XIXe siècle jusqu’à Paris. Les plaies de l’Histoire par le prisme de l’histoire familiale… Jusqu’à ce que je sache enfin que faire de l’encombrant piano.


Les Yatzkan - Extrait par fondationshoah

Long story short

Long story short

de Natalie Bookchin

2015 / Etats-Unis / 45’ / Mass produced media

"Ce que c’est de vivre avec des ressources limitées" : avec pudeur mais bien en face, la centaine d’interviewés que Natalie Bookchin a filmés en Californie dans des soupes populaires, des foyers ou des centres d’alphabétisation racontent la pau- vreté aux États-Unis, les façons de vivre avec et, peut-être, de s’en sortir. Au lieu de contrer la frontalité des adresses face-caméra en creusant une profondeur psychologique ou narrative, la réalisatrice fait le choix formel inverse, surprenant : élaborés en partie par les participants eux-mêmes puis montés par sujet et parfois présentés simultanément en split screen, les entretiens convergent de temps en temps jusqu’à une phrase prononcée en un chœur que seul le montage révèle, avant de bifurquer à nouveau en des formulations différentes. À chaque histoire singulière se substitue par moments cette montée d’une voix collective, soudain puissante, à l’encontre d’une représentation de la pauvreté comme exception. L’articulation entre individu et collectif met aussi au jour la façon dont s’articulent dans le système classe, race, violence urbaine et drogue. Le dispositif d’enregistrement individuel et le montage quasi-viral de Long Story Short, inédits sur grand écran, matérialisent une tension déchirante entre l’isolement social et la promesse d’une solidarité. (Charlotte Garson)

Long Story Short Trailer from natalie bookchin on Vimeo.

Ma cité au féminin

Ma cité au féminin

de Johanna Bedeau

2014 / France / 68’ / Gloria films
Dans une cité à la périphérie de Paris, trois jeunes femmes, Emma, Aïcha, et Fatou. Elles ne se ressemblent pas, ne sont pas de la même génération, mais elles ont en commun l’obéissance aux codes non écrits qui gouvernent la vie des filles des banlieues, sur un territoire où règnent les garçons. Elles nous font entrer dans leur quotidien, fait de multiples contradictions dans lesquelles elles sont enfermées, entre le modèle féminin imposé par le quartier, et leurs stratégies frontales ou cachées vers plus de liberté.
My name is Gary

My name is Gary

de Blandine Huk et Frédéric Cousseau

2015 / France / 85’ / Nofilm

Je suis née en 1906, au bord du lac Michigan, dans l’Indiana. J’étais une ville de l’acier. On m’appelait la ville magique, la ville du siècle. Mais j’étais l’un des endroits les plus ségrégués en Amérique. En 1968, j’ai eu le premier maire noir élu aux Etats-Unis. Puis, quelque chose appelé "l’envol des Blancs", et je suis devenue une ville noire. Aujourd’hui, on dit que je suis une ville fantôme. Mais je suis toujours en vie et mon nom est Gary. (Charlotte Garson)

My Name is Gary - Trailer from Nofilm on Vimeo.

Onside (Sur la touche)

Onside (Sur la touche)

de Elise Boutié et Nakita Lameiras Ah-Kite

2015 / France / 13’ / Praxis Lab
Championnat de football en Turquie : suite à des affrontements violents entre les supporters, la Fédération de football interdit l’accès des stades aux hommes et le réserve aux femmes.
Petites mains

Petites mains

de Thomas Roussillon

2014 / France / 57’ / Rouge productions

Quinze ans, seize ans, à peine. Chantal, Claudette, Eliane, Hélène, et Jacqueline entrent à l’usine. Un poste à tenir, une cadence à suivre et des soutiens-gorge à produire. L’assemblage, le piquage, les surpiqûres, la machine quinze denier, l’élastiquage, les crochets, le cache armature, le bordage, les étiquettes à poser... Des gestes précis et minutieux à apprendre. Un savoir-faire de qualité pour des dessous chics et confortables. Des femmes aux doigts de fée, et leur amour du travail bien-fait. Travail à la chaîne, rendement et chronomètre. Douleurs, entraide et division. Les années passent ; 35 ans. Puis, la lutte, la délocalisation. Et la fermeture de l’usine. Un territoire endeuillé. Des machines qui partent. Un métier qui disparaît. Et des femmes qui restent, qui se battent et qui racontent. Une vie de femme, à la machine.

Petites Mains from thomas roussillon on Vimeo.

Rabo de peixe (Le chant d’une île)

Rabo de peixe (Le chant d’une île)

de Joaquim Pinto et Nuno Leonel

2015 / Portugal / 103’ / Presente Ediçoes de Autor lda.

l y a quinze ans, Joaquim Pinto et son compagnon Nuno Leonel séjournent à plusieurs reprises dans un petit port de pêche des Açores appelé "Queue de poisson". Leur rencontre avec Pedro, beau-fils d’un ami et pêcheur comme lui, marque le début d’une longue amitié qui entraîne les cinéastes en mer, en quête de morue (mangée localement) ou d’espadon (réservé à l’exportation). Le remontage et le commentaire entièrement inédit de ce métrage du passé confèrent à "Rabo de Peixe" une tonalité singulière, d’autant que le port a été depuis remplacé par un vaste complexe portuaire financé par l’UE. (Charlotte Garson)

Rabo de Peixe - bande annonce - Cinéma du Réel -long from Joaquim Pinto Nuno Leonel on Vimeo.

Seuls, ensemble

Seuls, ensemble

de David Kremer

2014 / France / 77’ / Survivance

Mer de Barents, au coeur d’un été polaire sans nuit, un navire sillonne les hauts fonds sans relâche. Entrainés par un rythme industriel et soumis aux dangers de la pêche en haute mer, une trentaine d’hommes s’acharne pour quelques tonnes de poissons. Qu’est-ce qui rappelle ces hommes, marées après marées, à ce périlleux quotidien ? Comment tiennent-ils, ensemble ?

Seuls, ensemble - Bande Annonce from Survivance on Vimeo.

Sous l’arbre à palabres

Sous l’arbre à palabres

de Claire Savary

2014 / France / 54’ / Hippocampe productions

A Guimbererou, petit village béninois, le temps est marqué par la course du soleil et la tradition semble immuable. Pourtant, depuis l’arrivée des Blancs, la vie a profondément changé. Entre les vieillards quasi-centenaires et les jeunes pris dans le tourbillon de la mondialisation, un fossé s’est insidieusement creusé. Comment se parler et se comprendre ? Comment transmettre l’histoire du village avant qu’elle ne disparaisse ? Inoussa entreprend une quête personnelle en questionnant ces vieux à l’ombre des grands manguiers. Malgré les incompréhensions et les tabous, la parole se libère peu à peu et l’histoire se dévoile.

TEASER "Sous l’Arbre à Palabres" from Claire SAVARY on Vimeo.

Toto et ses sœurs

Toto et ses sœurs

de Alexander Nanau

2014 / Roumanie / 93’ / Strada Films

Toto, 9 ans, vit avec ses grandes sœurs Andreea et Ana dans un quartier délabré des abords de Bucarest. Les trois enfants roms s’entassent dans une seule pièce. À 5 ans, Toto a été contraint d’assister à l’arrestation de sa mère, Siminca, par une unité spéciale de la police roumaine. Celle-ci est désormais en prison pour trafic de drogue, et les enfants sont livrés à eux-mêmes. Pour Toto et Andreea, la vie change lorsqu’ils sont finalement acceptés dans un orphelinat. Toto apprend à lire, à écrire, à rire… et se découvre une passion : la danse. Ce documentaire d’Alexander Nanau jette un regard unique, intense et profond sur la vie d’une famille rom en marge de la société. Un drame fait de hauts et de bas, comme seule la vraie vie peut en écrire.

Bande Annonce de Toto et ses soeurs from JHR Films on Vimeo.

Vivere

Vivere

de Judith Abitbol

2015 / France / 109’ / Godot productions

Dans la vallée du Tramazzo, en Emilie-Romagne, Paola revient dans le village de son enfance pour rendre visite à sa mère Ede. La bienveillance qui émane de sa conversation en voiture avec la cinéaste semble contagieuse. Elle décuple en effet lorsque l’on rencontre "Mamona", à la gaieté immuable, cultivant son jardin ou évoquant ses jeunes années avec la voisine. Huit ans durant, Judith Abitbol filme les séjours de Paola, qui, souvent à l’étranger, remarque les changements du paysage local. De la cueillette des cèpes à la mise sous housse des couvertures avant l’été, le film capture la joie de vivre de celles qui se retrouvent, les chansonnettes fredonnées, les pas de danse esquissés en pleine rue. Quand les symptômes de la maladie d’Alzheimer d’Ede se font sentir, le tournage au long cours les intègre sans heurt, avec la même sollicitude que son entourage. Les paroles d’une chanson reviennent dans la bouche d’Ede : "J’étais paysanne… " Celle qui perd la mémoire semble s’en créer une autre, et le film de restituer avec pudeur ce qu’il reste de possible, de surprenant, dans cette vie altérée. L’intensité vibrante du lien filial n’apparaît jamais mieux que dans le plan où Paola tient une pelote qu’Ede rembobine de son côté – comme par hasard, c’est aussi le mouvement d’une bobine de film… (Charlotte Garson)

vivere bande annonce sous titrée en français from Judith Abitbol on Vimeo.

Zona Franca

Zona Franca

de Georgi Lazarevski

2015 / France / 100’ / Ciao films

Zona Franca, vitrine touristique quelque peu décatie, est le plus grand centre commercial de Patagonie, dans la province chilienne du détroit de Magellan. C’est d’abord par la splendeur des paysages que Georgi Lazarevski nous fait découvrir ce pan de Nouveau Monde longtemps inconquis. Mais les cadrages disent autre chose que la beauté – peut-être l’angoisse d’y vivre isolé comme Gaspar, chercheur d’or qui peine à joindre les deux bouts. Le récit entremêle la vie de ce piquiñero, celle de Patricia, vigile de Zona Franca coincée dans sa guérite, et celle d’Edgardo, routier politiquement actif. La qualité d’écoute laisse à Gaspar et à Edgardo le temps d’exister aussi comme des êtres qui rêvent, Gaspar à l’amour qu’il n’a jamais trouvé, Edgardo au bateau de son père, vendu par nécessité. Quand les habitants bloquent les routes pour protester contre l’augmentation du prix du gaz, la bulle touristique éclate. La "Route de la fin du monde" prend un sens littéral pour les étrangers immobilisés. Poignante, la culpabilité d’Edgardo pendant les manifestations renvoie à une blessure ancienne, et aux cicatrices coloniales encore à vif de tout un territoire qui a trop tôt fait de muséifier son histoire. La très belle séquence où il visite l’hôtel de luxe dans l’ancien abattoir où il a travaillé dans sa jeunesse montre sans didactisme la violence des bouleversements en cours. (Charlotte Garson)