17e ÉDITION NOVEMBRE 2016Organisé par
Images en bibliothèques

Si je te garde dans mes cheveux de Jacqueline Caux
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Arts, culture, sciences

Une sélection thématique de films récents soutenus par Images en bibliothèques : sélectionnés par sa commission de bibliothécaires.

Les documentaires sont prospectés par Images en bibliothèques, souvent à travers les festivals (Cinéma du réel, Festival Jean Rouch, FID Marseille, États généraux du documentaire de Lussas, etc.).

Les plus du Mois du doc

Adhérents et membres de soutien d’Images en bibliothèques : N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez obtenir des copies de visionnage des films.

Les films :

A family affair

A family affair

de Angeliki Aristomenopoulou

2014 / Australie, Grèce / 78’ / Anemon productions
Rien d’autre que la musique n’existe pour la famille Xylouris. Trois générations de musiciens font vivre la musique crétoise traditionnelle, enchaînant des représentations à travers le monde. Sur les pas de Psarogiorgis, de son père, qui a réinventé la musique crétoise, et de ses enfants adolescents, tous unis par des liens familiaux à la fois sacrés et étouffants, partons à la découverte du plus célèbre clan musicien qui vit entre l’Australie et la Crète et découvrons le pouvoir électrique de cette musique.
Ca tourne à Villapaz

Ca tourne à Villapaz

de Maria Isabel Ospina

2014 / Colombie, France / 53’ / Le-Lokal productions
Quelque part dans une vallée perdue de Colombie, se trouve Villapaz. Contre toute attente, un jeune maçon, Victor, y réalise des mélodrames et des films d’horreur. Entrainant tout le village dans sa passion… Víctor González est devenu cinéaste lorsqu’il a découvert les capacités filmiques de son téléphone portable. Il avait déjà en lui les ressorts scénaristiques et il s’en donne à coeur joie pour tourner des mélodrames ou des films d’horreur pittoresques dans lesquels il fait jouer les habitants de son village afro-colombien du Cauca. Espantée par l’énergie de Víctor, la réalisatrice éclaire dans ce documentaire la richesse de son univers à travers une caméra attentive et subtilement retenue. Un joli pas de deux.
Die Geträumten

Die Geträumten

de Ruth Beckermann

2016 / Autriche / 89’ / Ruth Beckermann film produktion
Ingeborg Bachmann et Paul Celan ont 22 et 27 ans lorsqu’ils se rencontrent à Vienne, en 1948 ; poètes tous les deux, ils n’ont ni les mêmes origines (Celan, juif de Czernowitz, a perdu ses parents dans un camp allemand en Ukraine), ni la même renommée. Leur correspondance amoureuse est marquée par la distance, et de plus en plus, par la paranoïa du côté de Celan. Die Geträumten en restitue la beauté déchirante
en filmant deux jeunes gens qui l’enregistrent dans un studio, debout devant leur micro. Les compositions du caméraman Johannes Hammel traduisent visuellement l’intimité paradoxale entre les deux poètes. Peu à peu, les interprètes, Anja Plaschg (musicienne connue de la jeune scène autrichienne) et Laurence Rupp (membre du Burgtheater), semblent se laisser gagner émotionnellement. Leurs pauses-cigarette laissent apparaître les préoccupations de leur âge, mais la correspondance Bachmann/Celan infuse lentement leur relation, sans que jamais cela ne soit verbalisé. Ce qui s’échange dans leurs regards, la tonalité de leur voix, la façon dont ils prononcent une prose qui n’est pas celle de leur génération, permet aisément de comprendre pourquoi Ruth Beckermann, qui devait au départ alterner les lectures avec les lieux où les amants ont vécu, a recentré Die Geträumten sur ce gracieux Kammerspiel où le romanesque de l’épistolaire nourrit le présent documentaire. (Charlotte Garson)
Dis-moi pourquoi tu danses

Dis-moi pourquoi tu danses

de Jacques Kebadian

2015 / France / 63’ / Calisto productions
"La danse comme passerelle entre un passé collectif et un présent personnel mais habitée par la mémoire (…) Ce qui m’intéresse dans ce film c’est de raconter une histoire ancestrale et contemporaine. Et cette histoire dramatique, ce sont les arrières petits-enfants de 1915 qui la racontent avec leur corps, en nous faisant ressentir la beauté de cette danse millénaire, par des témoignages chargés d’émotion, d’humour et de pudeur. Leur passé et leur culture, ils le font partager sur la scène mais leur quotidien et leur avenir est ici dans la vie de tous les jours".
Jacques Kébadian
Edgar Morin, chronique d’un regard

Edgar Morin, chronique d’un regard

de Céline Gailleurd et Olivier Bohler

2015 / France / 81’ / Nocturnes productions

Paris, à la tombée de la nuit. Les murs de la ville s’animent de projections immenses. Des films russes, allemands ou français des années 30, comme une mélodie profonde et lointaine, hantent les souvenirs d’Edgar Morin, ses premières émotions de spectateur. Tout en arpentant les rues, les conférences et les musées, en France et à l’étranger, le philosophe revient sur la place essentielle que l’étude du cinéma a joué dans sa vie et dans sa formation d’intellectuel, jusqu’à la réalisation en 1960, avec Jean Rouch, du film "Chronique d’un été". Grâce à l’utilisation, pour la première fois, du son direct sur les caméras, ce film bouleversa l’histoire du cinéma, tant documentaire que de fiction.

Bande Annonce "Edgar Morin, Chronique d’un regard" from Nocturnes Productions on Vimeo.

Kora

Kora

de Jorge Carvalho

2014 / Portugal / 71’ / Jorge Carvalho

La kora est l’un des instruments essentiels de la musique d’Afrique de l’Ouest. Fierté des nations nées de peuplades sans frontières, son origine suscite des controverses entre les pays qui en revendiquent la paternité. L’apogée du royaume du Kaabú marque la rencontre de différentes légendes liées à son invention. Un voyage ethnographique au-delà du temps, à la croisée de la réalité et de la fiction.

Kora Trailer 01 FR from Jorge Carvalho on Vimeo.

L’Avenir de la mémoire

L’avenir de la mémoire

de Diane Baratier

2013 / France / 85’ / Rouge productions

Quand le cinéaste Jacques Baratier meurt, sa fille Diane Baratier découvre que sur les 30 films qu’il avait réalisés, l’un avait disparu et certains étaient en passe de le devenir. De cette découverte personnelle, la réalisatrice réfléchit à la disparition du cinéma alors que nous sommes à l’intersection d’un énorme bouleversement technologique et de la dématérialisation des supports.

L’AVENIR DE LA MEMOIRE, de l’argentique au numérique - Extrait from ROUGE Productions on Vimeo.

La Capture

La Capture

de Geoffrey Lachassagne

2014 / France / 63’ / La Huit production

Pierre Bergounioux est l’un des écrivains majeurs de notre temps. Si son œuvre a une portée universelle, elle a aussi ses territoires privilégiés : l’histoire et la littérature, la mémoire et l’écriture, l’enfance et la Corrèze. Une parole, donc, mais aussi un corps - noueux, vibrant, "giacomettien". Dévoré de passions : Pierre collecte avec une égale férocité les choses et les mots pour les dire, la ferraille, les insectes,tout. Il y a six mois, nous sommes partis ensemble sur le plateau de Millevaches. Je lui avais demandé d’y capturer pour nous ses insectes préférés : un scarabée, un papillon, des hoplies… Nous avions dix jours. C’était le mois de juin, il aurait dû faire beau, les insectes auraient dû pulluler. Mais ç’aurait été trop beau, trop facile. Ce n’aurait pas été le plateau. Ce n’aurait pas été Pierre.

La Capture - bande annonce from lahuit on Vimeo.

Le Complexe de la Salamandre

Le Complexe de la Salamandre

de Stéphane Manchematin et Serge Steyer

2014 / France / 80’ / Mille et Une Films

Dans les Vosges où il vit en retrait du monde de l’art, un artiste façonne, à son rythme, une œuvre énigmatique et singulière, à la fois contemporaine et sans âge. Au fil des saisons, entre travail concret et œuvres rêvées, entre précision du geste et économie de mots, entre promenades en forêt et brefs allers-retours à la capitale, Patrick Neu relie l’art des maîtres anciens à la création contemporaine.

Le complexe de la salamandre - Bande Annonce (été 2015) from .Mille et Une. Films on Vimeo.

No land’s song

No land’s song

de Ayat Najafi

2014 / Allemagne, France / 91’ / Chaz productions

En Iran, depuis la révolution de 1979, les chanteuses ne sont plus autorisées à se produire en solo, tout au moins devant des hommes... Voulant rendre hommage aux grandes artistes des années 1920, Sara Najafi est déterminée à faire revivre la voix des femmes. Défiant la censure, elle veut organiser un concert pour des chanteuses solistes, et rouvrir un pont culturel entre Paris et Téhéran. Elle invite Élise Caron, Jeanne Cherhal et Emel Mathouthi à rejoindre Parvin Namazi et Sayeh Sodeyfi dans leur combat. Durant deux ans et demi, Sara se voit opposer des refus, ses réunions régulières au ministère de la Culture mettant en lumière la logique et l’arbitraire du système. Mais jusqu’où aller trop loin ? La solidarité interculturelle et le pouvoir révolutionnaire de la musique triompheront-ils ? Thriller politique et voyage musical, No Land’s Song ne perd jamais de vue son véritable centre - la voix des femmes.

Extrait 1 - NO LAND’S SONG de Ayat Najafi from CHAZ Productions on Vimeo.

Of shadows

Of shadows

De Yi Cui

2016 / Chine, Canada / 80’ / Ibidem films
Sur le plateau de Loess, en Chine du Nord, une troupe ambulante de théâtre d’ombres voyage en mini-camionnette à trois roues, ravissant un public de vieillards et d’enfants, faisant briller de ses derniers feux une tradition narrative et musicale ancienne. Une douce familiarité s’entend dans les échanges avec la cinéaste. "Les gens courent voir une pièce, mais vous, c’est votre pièce qui court voir les gens !" lance-t-elle à ceux qui sont parfois victimes d’une concurrence sévère (du cinéma en plein air juste à côté de leur tente) ou de coupures d’électricité. L’alternance de séquences diurnes et nocturnes infléchit bientôt la chronique vers une esthétique voisine celle de son sujet : rythme des images, touches de lumière, lignes narratives parallèles… Mais Yi Cui, comme les marionnettistes, ne prend jamais la pose "artiste". Elle souligne plutôt le contraste outré entre ce mode de vie modeste, bon enfant et peu rémunérateur, avec les shows à vingt écrans organisés par les autorités pour promouvoir le théâtre d’ombres, trésor régional, mais surtout pour l’asservir à la propagande. Gigantesques "son et lumière" sur fond de slogans chantés, ces spectacles où la troupe ambulante récolte parfois quelques sous parlent d’une Chine où "les larges routes rendent la circulation facile". Éclat de rire des marionnettistes, qui repartiront cahin-caha sur un boueux chemin de terre… (Charlotte Garson)
Richard Hamilton dans le reflet de Marcel Duchamp

Richard Hamilton dans le reflet de Marcel Duchamp

de Pascal Goblot

2014 / France / 53’ / Le Miroir productions

Le père du Pop art, Richard Hamilton a travaillé toute sa vie sur l’œuvre d’un autre artiste majeur, Marcel Duchamp, l’inventeur du ready-made. Au cœur de cette relation unique, une œuvre étrange, énigmatique, probablement l’une des plus complexes que l’art du XXe siècle ait produite : "La Mariée mise à nu par ses célibataires, même" de Marcel Duchamp, également appelée "Le Grand Verre". Richard Hamilton a repris et éclairé chaque recoin de cette œuvre sans jamais essayer de réduire l’univers duchampien à une lecture univoque. À partir d’interviews inédites, le film de Pascal Goblot explore ce dialogue entre deux figures tutélaires de l’art contemporain.

Extrait du film "Richard Hamilton dans le reflet de Marcel Duchamp" from APRES on Vimeo.

Salto mortale

Salto mortale

de Guillaume Kozakiewiez

2014 / France, Suisse / 94’ / Vivement lundi !

En 2000, Antoine Rigot, funambule virtuose, perd l’usage de ses jambes. Plutôt que de l’éloigner de la scène, cet accident l’incite à devenir à la fois l’objet et le sujet de ses spectacles. Renaît peu à peu le désir de flirter avec l’équilibre. Chute et renaissance d’un funambule, humble et courageux.

Bande Annonce SALTO MORTALE from ZeugmaFilms on Vimeo.

Si je te garde dans mes cheveux

Si je te garde dans mes cheveux

de Jacqueline Caux

2013 / France / 70’ / La Huit Production

Le titre de ce film est une allusion directe à ce tabou qu’est, dans les pays arabes, la chevelure des femmes qui devrait être cachée, alors que toutes les musiciennes qui vont participer à ce film refusent de porter le voile. Ce titre est donc une allusion à l’érotique du cheveu. Ce film, de fait, est un manifeste, puisqu’il se propose en effet de présenter l’histoire actuelle de plusieurs femmes arabes rebelles, chanteuses, musiciennes et compositrices, issues du Magreb comme du Machreq. En contradiction assumée avec le contexte de défiance actuelle vis-à-vis de ces cultures, ce film souhaite montrer la force d’affirmation de ces femmes qui se battent avec détermination pour imposer leur talent, leur art, leur engagement social, ainsi que leur féminité sans voile. Il ambitionne également de montrer comment leur force créatrice s’appuie sur de nouvelles attitudes mais aussi sur la puissance et la beauté de poétiques très anciennes, qui rendent compte de l’extrême diversité de ces mondes que l’on a trop souvent tendance à amalgamer en un unique univers menaçant. Ce film a aussi une dimension politique directe puisqu’il a été tourné avec des musiciennes originaires de plusieurs pays actuellement en grand déséquilibre : la Tunisie, la Syrie, la Palestine. Ces contextes violents dans lesquels elles vivent, ou qu’elles ont dû fuir, ont évidemment un impact considérable sur leur art.

Si je te garde dans mes cheveux - extrait from lahuit on Vimeo.

Thomas Hirschhorn - Gramsci Monument

Thomas Hirschhorn - Gramsci Monument

de Angelo A. Lüdin

2014 / Suisse / 94’ / Soap factory GmbH

Thomas Hirschhorn, l’un des rares artistes suisses de renommée mondiale, ose encore et encore avec son travail créatif remuer le couteau dans les plaies socio-politiques. En 2013, Hirschhorn entreprend la construction de son "Gramsci Monument" dans un lotissement de logements sociaux nommé Forst House et situé dans le South Bronx. Loin de la scène culturelle new-yorkaise, l’artiste militant veut mettre en œuvre son projet en collaborant avec des personnes non qualifiées du voisinage. Provocations et problèmes communs sont inévitables, parce le dévouement absolu de Hirschhorn à son art doit faire face à la réalité imprégnée de pauvreté et de chômage du quotidien des résidents du quartier. La route vers le "Monument" - pourtant si bien conçu dans l’atelier parisien de l’artiste – s’avère plus difficile que prévu !

Thomas Hirschhorn - Gramsci Monument - Trailer - FR from soap factory on Vimeo.